Vous pouvez apprécier la serre de la gentille propriétaire où ont été prises toutes les photos.

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Je suis un imposteur (faites-moi penser à mettre ce mot au féminin quand j’en aurai trouvé la forme exacte). Coolpix, mon pote vagabond au gré de mes pérégrinations ne démentira pas.
Je ne suis même pas une amatrice (forme exacte d’amateur au féminin).
Dans mon métier, la formation, on part du principe où une personne n’a pas un degré 0 de connaissances.
Donc je ne dirai pas que je n’y connais rien en photos. J’ai forcément quelques infos.
Je sais par exemple qu’une photographie c’est une image qui reproduit une certaine réalité. Je sais qu’il faut éviter de me prendre de profil en photo. Je sais que je suis peu photogénique de
toutes les façons. Je sais que la photographie a beaucoup évolué avec l’apparition du numérique. Je sais qu’on a besoin d’un flash quand il fait trop sombre.
Voilà, je sais tout ça.
Et j’ai découvert également quelques tuyaux qui me valent de faire des clichés potables et qui vous permettront de tricher, d’être un imposteur à votre tour.
Pour être un imposteur, il faut suivre quelques règles de base, comme celle d’avoir toujours son APN avec les batteries chargées à bloc avec soi, tel J-L. Delarue et son oreillette. C’est limite la greffe de Coolpix à mon poignet.
Ma première règle, c’est de savoir faire des deuils. C’est la clef de tout, du reste, dès que l’on aborde un tant
soit peu la production, la création.
Ce n’est pas suffisamment bon, on jette. C’est hors-sujet, on balaie.
Par exemple, on ne garde aucune photo floue.
On est exigeant mais réaliste (bazarder une photo floue, c’est à la portée de n’importe qui). On donne le meilleur de soi. On vise avant tout une progression.
Deuxième règle :
La patience, avec toujours ce même degré d’exigence. Patience d’obtenir le bon cliché, même si ça met plusieurs semaines. Attendre la bonne floraison, la bonne visibilité de l’animal, le bon
sourire, la bonne luminosité.
Troisième règle :
Savoir changer d’angle. Ne pas se braquer. Aborder le monument, la personne en se déplaçant tout autour pour voir le meilleur rendu. Voir le petit détail qui fera tout.
Quatrième règle :
Ne pas hésiter à shooter et shooter encore dès que l’œil est attiré. On voit après ce que l’on en fait. Mais ensuite, comme énoncé précédemment, on brûle si ça n’a pas lieu d’être.
Cinquième règle :
Aller à l’encontre des choses attendues. Du noir et blanc pour un truc coloré par exemple. Cerner l’insolite.
Sixième règle :
La mise au point !!! On ne fait pas de photo sans mise au point !!! Bon après, c'est un choix de flouter Pépé Ugolin parce qu'il n'est pas beau...
Septième règle :
Bien choisir les proportions. Pour une photo en pieds de votre chéri (e), ne lui coupez pas les chevilles !
Huitième règle :
Choisir l’extérieur ou l’intérieur en fonction de ce que l’on photographie. Je préfère personnellement les gens à l’air libre dégrisés plutôt que bourrés, le verre à la main à table.
Neuvième règle :
Abuser des macros. Ca fait toujours son petit effet. Pour cela, rester bien stable
lors de la prise. Et toujours la mise au point, crénom !
Dixième règle :
Faire attention aux ombres et au contre-jour.
Dernière règle de base :
Avoir au minimum le logiciel gratuit Picasa google, ne serait-ce que pour passer de la couleur au sépia et retravailler éventuellement la luminosité et la netteté.
Chers nouveaux imposteurs, vous voilà fin prêts pour une nouvelle passion qui va dévorer votre vie mais pas votre porte-money.

Ce soir (mardi), c’est soirée loto. Le loto de l’école (de la Jeannette).
Un conseil : dans le Gers, si vous voulez vous intégrer, allez au loto.
« Contrôle de papiers.
- Oui, Monsieur l’agent.
- Montrez-moi votre reçu mensuel de cartons de loto.
- Ben, c’est-à-dire que je vais pas aux lotos, Monsieur l’agent.
- Vous vous foutez de moi ?! Très bien, demain vous serez bouté hors des frontières du département. »
Grâce au loto, vos longues soirées d’hiver seront bien remplies, votre frigo aussi, si vous avez la chance de gagner les 117 kgs de sanglier désossé de la dernière battue ou la garbure (la garbure est la potée gersoise, en gros) en cuve. Vous pouvez aussi gagner votre poids en cubis d’Armagnac vraiment hors-d’âge.
Des lotos, vous pourrez / devrez en faire au moins deux à la semaine par ici.
Mais en quoi consiste un loto ?
Le loto est un jeu qui se pratique de 3 à 103 ans. Le principe est facile. Vous achetez un carton avec 15 numéros inscrits dessus (sur 3 lignes). Un animateur possède des boules de 1 à 90 (les
animateurs ont beaucoup de couilles pour faire le métier qu’ils font...). Il les sort une par une au hasard en énonçant le numéro publiquement (c’est d’un gore...). Si un de vos numéros est tiré,
vous placez un repère sur le numéro correspondant. Le premier joueur qui a fait une ligne complète crie « Quine !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! » et remporte un lot. Le premier qui a deux
lignes complètes hurle : « Double quine !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! » et remporte un lot. Enfin, le premier qui a son carton complet (soit les trois lignes complètes)
saute sur la table en vociférant « carton plein !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! » et remporte aussi un lot. [Y en a toujours 2 ou 3 qui suivent pas, dans l'fond...]
Vous l’aurez compris, c’est un petit peu la même chose que le loto de la Française des Jeux sauf que là, on joue en groupe en papotant et en picolant et en repapotant et en repicolant. Pis v’la qu’on picole et qu’on papote. Et ça papote et ça picole...
Ce soir, c’est soirée loto. Et je garde le marmot, Billou de son prénom.
« Bonjour Tata.
- Tiens salut Tata !
- Tu fais la baby-sitter ce soir ?
- Ouais Tata.
- Ah, ok Tata. A+ »
Quand je ne vous écris pas, je me parle. Ca m’occupe.
Remarquez que j’aurais pu visionner « Les demoiselles de Rochefort » commandé par Tonton à mon attention et reçu aujourd’hui par la poste ou en écouter la BO en lisant mon Elle.
Et je pense à vous. Je me dis « Y a pas. Faut que je leur fasse partager ma solitude à mes lecteurs chéris ! ».
Voilà pourquoi je ne suis pas au loto : pour surveiller le sommeil de Billou et m’occuper en soliloquant et/ou en vous écrivant.
Le loto, c’est pervers. Il y a des accros. Des accros du loto. Ils sont super équipés. Avec des objets aimantés pour marquer
les numéros sur les cartons, des espèces de balayette pour ramasser les petits objets en question etc. Y a des pros. Des pros accros.
Ya même des bandes familiales qui sévissent. Des escrocs accros. Elles parlent fort pour pas qu’on entende les numéros. Elles achètent tous les cartons pour la modique somme de 372 euros. Ah, les
vendus !
Le loto, il faut que ça se fasse dans une salle des fêtes ou à la cantine scolaire avec des néons. C’est très important, les néons. C’est bien simple, s’il y a un loto où il n’y a pas de néons, ben j’y mets pas les pieds. Je ne veux pas louper l’ambiance russian lapinous à la fin des parties (car on ne vient pas pour jouer une partie de 25 minutes. Non non, on vient de 20h00 à 0h30. Toute la soirée, on reste à papoter, picoler, picoler, papoter). On paie pas de droits d’entrée, alors on en profite !
« Dites donc M’ame Michu, l’est pas morte la drôle Félicie ?
- Félicie qui ? Dupouy ?
- Mé non, Félicie Chollet !
- La cousine de Raymond Lebrun ?
- La nièce de la cousine de Raymond Lebrun !
- Celle qu’avait une bosse dans le dos ?
- Mé non, la pauvre pute, celle qu’avait une bosse dans le dos, c’était M’ame Henriette. Elle est décédée il y a deux ans d’un infratus en jouant au loto !
- Quine !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Quine !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Moi !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Moi !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Quine !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
- Ben ça lui a fait pareil. Elle criait quine pis t’in, en un instant, plus personne.»
On sous-estime les dangers du loto...
[...]
Pardon, j’étais partie fermer les volets et une odeur de soirée de printemps, chaude et enveloppante m’a saisie
puissamment.
Je me demande si Tonton et Jeannette sont en train de gueuler comme des malades pour faire valoir un gain hypothétique. Ce soir, le gros lot, c’est un bon d’achat de 200 euros. Ca mettrait du
beurre dans les épinards. C’est fou, mais le beurre, c’est de plus en plus cher.
Quant aux épinards, je vous invite à goûter ceux au parmesan d’Iglo, une merveille.

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